Chloé Delaume

La règle du Je

1 mars 2010
Essai
96 pages
120 × 190 mm
14 €
9782130574255
978-2-1305-7425-5
																Chloé Delaume, La règle du Je
																Chloé Delaume, La règle du Je

Chloé Delaume, l’une des plus importantes romancières de la jeune génération, décide de prendre le taureau par les cornes. Les débats sur l’autofiction n’ont cessé de réduire cette pratique à celle d’une forme littéraire de narcissisme. Il est vrai que nombreux sont les praticiens avérés de l’autofiction à s’y complaire. Pourtant, il suffit de considérer à nouveau l’histoire de la littérature pour constater que celle-ci se confond avec l’autofiction : de Madeleine de Scudéry à Boris Vian, de Jean-Jacques Rousseau à Jean-Jacques Schuhl, d’Arthur Rimbaud à Pierre Guyotat, la littérature a toujours été invention de soi. Que ce Soi n’ait rien à voir avec la personne même de l’auteur est ce qui rend l’autofiction si paradoxale, et si ironique. Loin de n’être que le miroir d’égos minuscules, l’autofiction — ou plutôt, comme préfère le dire Chloé Delaume, l’“autoréalisme”, ou encore la “psychofiction” — est une manière de refuser les cloisonnements que la critique, l’Université ou un certain bon goût aiment à introduire entre auteur, narrateur, personnage et lecteur. En ce sens, l’autofiction représente d’abord la dimension politique de toute littérature : en elle se joue une nouvelle manière d’organiser ces cloisonnements — manière subversive, dont aucun “Moi” ne sort indemne. Au cours de son enquête en direction des nouveaux “Moi” qu’invente l’autofiction, Chloé Delaume dialogue avec les plus grands auteurs, les plus grands critiques et les plus grands philosophes du moment : où l’on découvrira que nul ne peut se dire absout du péché autoréaliste.

L’autrice

Chloé Delaume est née en 1973. Elle pratique l’écriture sous de multiples formes et supports depuis la fin des années 90. Près d’une trentaine de livres comme autant d’expériences : romans, fragments poétiques, théâtre ; essais, autofictions. Elle affectionne les objets hybrides et le mélange des genres : roman illustré par un jeu vidéo (Corpus Simsi), détournement d’un jeu de société (Certainement pas), fan fiction dont vous êtes le héros (La nuit je suis Buffy Summers). Mais aussi journal de bord d’une performance à domicile (J’habite dans la télévision), dystopie (Les sorcières de la République). Si son premier roman, Les mouflettes d’Atropos, était teinté de féminisme radical, elle s’est penchée plus tard sur la question de la sororité en publiant Mes bien chères sœurs et l’ouvrage collectif Sororité.
Lauréate du Prix Décembre 2001 pour Le cri du sablier, elle a été pensionnaire à la Villa Médicis en 2010-2011 et a obtenu le Prix Médicis 2020 avec Le cœur synthétique. Elle collabore régulièrement avec des artistes, dans le cadre de lectures musicales ou de performances.

1 mars 2010
Essai
96 pages
120 × 190 mm
14 €
9782130574255
978-2-1305-7425-5