Fanny pourrait dire qu’elle a réussi sa vie. Documentaliste dans un collège jugé “difficile”, elle n’éprouve pas de plus grande joie que de transmettre le goût de la lecture, comme un refuge, à ceux qui sont souvent privés de beauté et de stabilité. Mais Fanny porte en elle le lourd secret d’une enfance nucléaire faite d’abandons et de traumatismes. En mettant à distance ces souvenirs douloureux dans la cave de sa mémoire, Fanny tient. Debout et droite. Elle résiste. Son mari, Guillaume, et leurs deux enfants, eux, aspirent pourtant à plus d’apaisement auprès d’elle, et souhaitent qu’elle réalise un travail qui la conduirait à se réconcilier avec son passé. Mais Fanny revendique un droit à la colère, une colère qui l’a fait tenir jusqu’à présent… du moins jusqu’à cet appel lui annonçant la mort de celle qui n’a jamais vraiment été sa mère.
Mordre l’orage vient sonder ce qui nous a été donné et ce que l’on transmet en retour.