Il a fallu ces deux questions, posées par le père, pour que l’enfance du narrateur resurgisse brutalement à l’âge adulte.
D’abord, c’est le portrait d’une famille allemande banale de Francfort dans les années 1990 qui se dessine. Il y a le père, la mère, les deux sœurs M. et S. et le fils aîné, Nicolas.
Mais derrière cette normalité présumée, la violence se révèle omniprésente : au sein du couple parental, cimenté par l’emprise et les humiliations, et envers les trois enfants, manipulés et abusés. Une violence qui semble se prolonger dans une histoire allemande, dont le poids se transmet sans jamais se dire – un grand-père soldat de la Wehrmacht admiré et une grand-mère qui a connu les violences de l’occupation russe.
La Brûlure est le récit d’un homme qui ne peut plus éviter le passé. Nicolas le revit dans sa chair, et cherche à s’en laver dans l’espace blanc et propre d’une chambre d’hôpital. Il l’écrit en français – une langue inconnue de ses proches – pour exprimer ce que l’allemand n’a pu dire ni penser, pour tenter d’opposer quelque chose à la douleur : un morceau de littérature.