Jean-Pierre Martin signe le roman vrai des femmes et des hommes de la sidérurgie, nourri de témoignages souvent bouleversants.
Jean-Pierre Martin a été ouvrier d’usine avant de reprendre ses études, à la fin des années 70, et de devenir l’écrivain qu’il est aujourd’hui.
Dans ce livre, il rend hommage à celles et ceux qu’il a connus pendant ces années -là en leur donnant la parole. L’usine, c’est d’abord le bruit incessant, la chaleur, les odeurs. Le risque d’un accident atroce, entraînant la mutilation ou la mort. Les cadences infernales. Et pour les femmes, le harcèlement des petits chefs. Mais c’est aussi la solidarité avec les camarades polonais ou algériens, l’amitié, les coups durs qu’on affronte ensemble. Ce sont les occupations en 68, le kidnapping de Johnny en 79, la fin d’USINOR, « Lorraine cœur d’acier », etc. Trente glorieuses qui ne l’étaient pas pour tout le monde, et qui se sont terminées par le licenciement de dizaines de milliers d’ouvriers.
Alternant souvenirs personnels, confidences et poésie épique, Le Monde réel est un livre unique en son genre. À la veille d’une année électorale où il sera largement question de réindustrialiser la France, cet ouvrage a le mérite de rappeler très concrètement ce qu’est le travail en usine.