Carine Durand a sept jours lorsqu’elle reçoit le prénom héréditaire du clan de son père : Ayélé. Au cours de son enfance, en France, c’est comme si tout cherchait à lui faire oublier ses origines afrodescendantes et moyen-orientales. Dans les cours d’histoire, on lui explique que la colonisation du continent africain appartient au passé. Mais alors, comment comprendre la confusion qui s’immisce en elle à l’adolescence ? Comment expliquer cette impression de plus en plus douloureuse de s’être fait arracher la langue ?
Devenue ethnologue, Carine Ayélé Durand a trouvé dans ses identités multiples et celles des autres une constellation d’étoiles de mots qui ravive les couleurs oubliées. Du Togo au Liban, en passant par le peuple Sami, Ayélé chante une vie de métissage et le droit à la joie d’être.