Reem Gaafar

La bouche pleine de sel

8 janvier 2027
Roman
240 pages
25,90 €
9782487817289
978-2-4878-1728-9
Traduit de l’anglais par
Benoïte Dauvergne

Dans ce roman choral juste et percutant, servi par la plume de la soudano-canadienne Reem Gaafar, il y a l’amour, conjugal et filial, envers et contre tout ; les tensions ethniques historiques menant au racisme entre Arabes et Noirs, l’aridité du territoire qui répond à l’hostilité de la communauté pour ce qui vient d’ailleurs ; il y a encore et toujours les normes patriarcales enracinées, parfois perpétuées par les femmes, et le rôle de l’émancipation par l’éducation.

« Le Nil leur apporte la vie. Mais le Nil sait aussi reprendre. »

Dans les années 1970, un petit village du Nord-Soudan se réveille un matin en apprenant qu’un petit garçon s’est noyé. Il s’agit de Mohammed, le seul enfant de Sulafa, première épouse d’une famille polygame, malmenée par son mari autant que par sa belle-famille. Peu après, les chameaux meurent d’une maladie mystérieuse, tandis que les palmeraies prennent feu. Les villageois murmurent qu’une mystérieuse sorcière habite au pied des montagnes. C’est la saison sèche. Les hommes savent ce qu’ils ont à faire, les femmes ont leurs propres soucis, et les enfants continuent de jouer là où le fleuve sort de son lit.
Fatima, elle, avec ses quatorze ans aspire à partir pour étudier à l’université de Khartoum.

« Le Nil les appelait, mais le Nil n’était pas leur ami. »

Les années 1950 : le Soudan est à l’aube de son indépendance face aux Britanniques. À Khartoum, capitale du pays, une mère célibataire, Nyamakeem, gagne péniblement sa vie pour subvenir aux besoins de son unique enfant, Kheir Alseed. Son mariage avec son défunt mari, Hassan, a été désapprouvé par les deux familles : elle, une Sudiste à la peau foncée, lui, un Arabe du Nord.
Privé de son héritage par sa belle-famille et par la seconde femme de Hassan, Kheir Alseed décide de poursuivre ce qui lui revient de droit et de tracer sa voie dans un monde qui s’obstine à maintenir les filles et les femmes en arrière.
Mais, quand la guerre civile gronde et que la politique s’immisce dans l’intime, sa position dans la capitale devient intenable. Elle décide de partir pour le village.

Comment les deux histoires s’imbriquent-elles ? Comment Fatima, Sulafa ou Nyamakeem se révèlent-elles liées par le sang, par la communauté, par le village et par le Nil ? Avec ce roman, Reem Gaafar tisse avec talent les destins féminins sur plusieurs générations confrontées aux violences de l’Histoire et dépeint un pays où les femmes décident elles-mêmes quelles traditions méritent d’être préservées et quelles prophéties il est temps de réécrire.

L’autrice

Originaire du Soudan, Reem Gaafar est écrivaine, médecin et réalisatrice. Ses textes de fiction et de non-fiction ont été publiés notamment dans African Arguments, African Feminism, Teakisi Magazine et International Health Policies, ainsi que dans les anthologies I Know Two Sudans et Relations: An Anthology of African and Diaspora Voices. En 2020, elle a été finaliste de la bourse de la Miles Morland Foundation. Et son premier roman, La Bouche pleine de sel, en anglais A Mouth Full of Salt, a remporté l’Island Prize en 2023. Reem Gaafar vit aujourd’hui au Canada avec son mari et leurs trois fils.

Points forts

Un premier roman choral juste et percutant servi par le féminisme subtil de l’autrice soudano-canadienne.

Plusieurs générations de femmes sur fond de tensions ethniques au Soudan.

Les rouages de la guerre civile ou lorsque la violence de l’histoire rencontre celle de l’intime.

Le rôle des femmes dans la perpétuation des normes patriarcales et dans l’émancipation par l’éducation.

8 janvier 2027
Roman
240 pages
25,90 €
9782487817289
978-2-4878-1728-9
Traduit de l’anglais par
Benoïte Dauvergne